LA FORMATION DE L’AUBRAC
 

 
         Il y a très longtemps, l’Aubrac était formé d’un socle de roches très anciennes, formé de micaschistes(ou gneiss) et d’un granite gris-bleuté, possédant de gros cristaux de feldspath blanc : le granite “de la Margeride”.

         Lorsque les Alpes se sont formées, elles ont entrainé un soulèvement du plateau de l’Aubrac, qui s’est cassé. Par ces fractures, des coulées volcaniques sont remontées, recouvrant l’Aubrac d’une épaisseur atteignant parfois 300 mètres : en se refroidissant, cette roche a donné le basalte.

         En d’autres endroits l’épaisseur de lave est beaucoup plus faible : au pied de la cascade du Déroc, par exemple, on peut voir sous le basalte la terre jaunâtre d’avant le volcanisme, qui a cette couleur parce qu’elle a été brûlée par la chaleur de la coulée de lave.

         Les coulements de lave étaient le plus souvent calmes, sans explosions, bien que l’on retrouve quelques restes de pierre projetées (bombes ou lapillis) qui montrent qu’il y a eu aussi des explosions.

         Beaucoup plus tard, il y a entre 10 000 et 500 000 ans, viennent plusieurs glaciations : Mindel, Riss, Wurm. D’importantes couches de glace recouvrent l’Aubrac : jusqu’à 300 mètres d’épaisseur ! Le plateau étant légèrement en pente, ces glaces avancent à la manière d’un immense rabot, qui élimine le relief des volcans et donne les monts arrondis de l’Aubrac d’aujourd’hui. On peut très bien voir l’effet de ce rabotage dans le lit du ruisseau de Las Negras (“Les Noires” en occitan, nom donné aux truites Fario de l’Aubrac à cause de leur teinte foncée, due à leur adaptation à leur milieu). Au niveau du pont de la route départementale 52, le ruisseau coule sur un pavage naturel : une sorte de “chaussée de géants”.

         En effet, le basalte en se refroidissant forme des cylindres verticaux polygonaux, à la manière des tuyaux d’orgues : c’est pour cela que l’on parle “d’orgues basaltiques”. Les glaciers ont raboté ces orgues, et l’eau du ruisseau s’est chargée d’empêcher les dépôts de les recouvrir, laissant apparaître ce dallage.

         Ce sont aussi ces glaciers qui ont apporté dans leur avancée certains blocs de granite arrondis que l’on trouve un peu partout sur l’Aubrac. Pris dans les glaces, ils ont été amenés avec leur avancée de la périphérie de l’Aubrac. En d’autres endroits, le granite affleurant fait partie du socle originel du plateau.

         Enfin, les blocs de glace ont eu un autre effet : certains, plus gros ou plus isolés que les autres, ont “enfoncé” le sol, creusé des dépressions. Dans ces creux qui se sont emplis d’eau, des plantes aquatiques ont poussé : les sphaignes. Ces plantes ont pourri sur place, et petit à petit ont comblé le dénivelé. Avec le temps, du charbon s’est formé, et de la tourbe, mélange de boue argileuse et de sable : ce sont les tourbières.